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Du doute et de la croyance

 

L’ego de l’homme est une construction psychique formée d’une myriade de concepts forgés au cours de l’involution et implantés dans la conscience humaine selon la relativité des cultures et des mémoires raciales. Tant que l’homme ne se sera pas libéré des mécanismes psychologiques qui polarisent ces concepts, il demeurera prisonnier d’un mode de pensée qui n’est pas le sien, et qui fut laborieusement transformé au cours de l’involution. De plus, il ne réussira jamais à se débarrasser totalement de ces mécanismes, car leurs traces émotives demeurent en lui et continuent à agir sur le plan inconscient de son être.

Le doute et la croyance sont les deux mécanismes qui permirent à l’homme de survivre psychologiquement pendant l’involution, et qui le retiennent de vivre sa réalité ; à cause d’eux, il est absolument impossible à l’homme inconscient de se connaître tant qu’il possède la moindre capacité de douter de lui-même ou de croire à ce qui ne vient pas de lui réellement. La polarisation de son mental inférieur créée par ces deux forces doit être neutralisée par une conscience créative qui, seule, peut faire la synthèse de son savoir créatif.

Pendant l’involution, l’homme n’avait pas le choix de croire ou de douter, car il vivait sa vie mentale en fonction de l’ignorance imposée par les forces de la mort sur sa conscience. Cet état se manifestait selon le pouvoir psychosocial des forces de sa culture, de sa civilisation, ou de sa race.

 

À travers la croyance et le doute, les forces occultes pouvaient à son insu travailler à travers les systèmes de pensée faisant partie de sa conscience collective ; la puissance de ces forces, l’autorité sociale et religieuse qu’elles institutionnalisaient, pouvaient totalement englober l’homme de l’involution. Elle pouvait même en exclure les plus brillants jusqu’à l’aube de la science moderne où, finalement, l’individualité créative des penseurs "libres" put commencer à faire éclater le pouvoir subtil de ces forces sur l’homme. Mais ceci ne représentait que le début d’une forme de libéralisation de la pensée humaine. Aujourd’hui alors que l’homme jouit d’une plus grande liberté de la pensée, il n’est pas pour autant libre, car il ne connaît pas encore les subtils mécanismes utilisés par les forces occultes contre une conscience encore impuissante à relever le défi de leurs influences.

Non seulement le doute et la croyance sont-ils les plus grands outils utilisés par les forces occultes contre l’homme, mais ils représentent, en plus, l’inévitable pouvoir sur lui à cause de la polarité qu’ils créent dans son mental inférieur. À travers ces mécanismes, il lui est donc impossible de pouvoir générer sa propre pensée individualisée et universelle. Cette condition est très grave, car elle force l’homme d’aujourd’hui à subir de façon encore plus voilée des formes de domination que la mort lui impose par des pensées apparemment plus modernes, plus libres. L’homme commence à souffrir de sa liberté parce qu’elle est fausse, piégée par ces mêmes forces qui, en d’autres temps, ont opéré par des formes plus spirituelles et plus primitives.

L’évolution future de l’homme se fera sur une base totalement individualisée. Le doute et la croyance disparaîtront de la conscience humaine en fonction de l’évolution de la conscience individuelle, et non en fonction d’un revirement psychologique de la conscience collective. L’involution a donné à l’homme une fausse sécurité intérieure. Voilà pourquoi, aujourd’hui, même l’abondance et le développement de la vie moderne ne lui suffisent plus, car son déchirement intérieur se fait toujours en fonction de sa conscience et non en fonction de la matière. L’évolution, par contre, lui permettra de renverser ses forces intérieures et de les faire travailler pour lui. Ceci demandera de sa part une très grande puissance mentale, car la lutte interne sera une lutte à finir.

 

Le pouvoir occulte de la mort utilisera tout contre lui, jusqu’à ce que sa victoire personnelle soit totale et absolue. À partir de ce temps dans la vie de l’homme, sa conscience ne sera jamais plus la même et il commencera le long retour à sa source. Au cours des âges, la conscience de la terre changera et l’homme ne sera plus identifiable à ce qu’il avait été durant l’involution; de même, l’homme qui a marqué l’évolution du mental inférieur fut différent de l’homme qui connut les hauts et les bas de la conscience involutive astrale de la nature animale.

Tant et aussi longtemps que le doute et la croyance feront partie de la conscience de l’homme, ce dernier sera l’esclave de ses émotions ; cette condition le fera souffrir, car la lutte pour le contrôle de l’esprit deviendra de plus en plus aiguë lorsque la fin du cycle se fera sentir. L’homme moderne n’a aucune idée de la réalité qui sous-tend son inconscience. Le doute et la croyance sont deux éléments fondamentaux du pouvoir de cette réalité sur son comportement psychologique et psychique. L’être humain est multidimensionnel dans sa réalité, et cette multidimensionnalité devra un jour être réalisée et intégrée, afin que le pouvoir envoûtant contre l’homme cesse sur terre. La mort n’est pas une dimension de l’esprit, elle est une dimension de l’âme, c’est-à-dire d’entités vouées au contrôle de l’humanité à travers la manipulation des cordes les plus vibrantes de la conscience humaine.

Les dernières années ont vu renaître, dans certains points du monde, un grand éventail de sectes plus ou moins occultes. Un grand nombre de leurs adeptes perdront leur identité à travers ces sectes qui, sans s’en rendre compte, représentent des centres actifs de manipulation psychique contre l’homme, sur les plans les plus subtils et les plus voilés. Très peu de ces gens pourront reconnaître que ces plans font partie des forces de la mort contre l’homme. Le danger est réel et à la grandeur de la planète. Il deviendra donc nécessaire que l’être humain sensible et spirituel, mais aussi naïf, reconnaisse que la croyance et le doute sont deux aspects d’une même lame qui sera utilisée contre lui s’il ne parvient pas à se dégager dans le mental de toute forme d’influence.

 

Si l’homme doute, ou s’il croit, c’est qu’il ne sait pas. Donc il est à la merci de ceux qui croient et lui imposent des croyances ; savoir n’est pas encore une condition universelle de l’humanité, car l’évolution ne fait que commencer. Celui qui sait aujourd’hui ne peut savoir que pour et par lui-même, et ceci requiert une grande force intérieure. L’homme n’est qu’au tout début de cette nouvelle évolution de sa conscience qui lui donnera cette force intérieure pour absorber le choc du savoir. L’homme nouveau comprendra par son expérience interne, au cours de sa lutte psychique avec le monde de la mort et ses influences, que le prix pour ne pas pouvoir douter et ne pas avoir besoin de croire est le plus grand prix à payer pour se libérer réellement. Sa liberté sera proportionnelle à sa capacité de vivre la plus grande solitude de ce qu’il sait, avec en plus le plaisir d’échanger avec ces êtres qui, comme lui, auront compris ce que veut dire conscience libre et créative.

Le doute et la croyance sont une forme de chaîne psychologique créée par des pensées qui n’appartiennent pas à l’homme conscient, qui ne viennent pas de lui, mais passent par lui à son insu. Pour l’homme conscient, ces deux forces de l’involution sont une source de souffrances dans son mental évolué, car il sent alors qu’il manque de contrôle sur sa vie mentale et émotive. Ces chaînes se créent par l’émotivité et sont maintenues pendant de longues périodes de sa vie personnelle, souvent jusqu’à la mort, alors qu’il perçoit clairement le jeu dont il a été victime toute sa vie durant.

Un être conscient ne peut vivre de l’autorité de qui que ce soit, car toute forme d’autorité inconsciente est un abus de pouvoir contre son intelligence créative. Ce type d’autorité viole le droit de l’homme de savoir par lui-même. Aucune force au monde ne peut empêcher l’homme de savoir par lui-même, universellement. Et tant que l’homme n’aura pas réalisé ceci, il fera partie de l’involution et vivra une vie assujettie aux lois du mental inférieur.

La croyance et le doute sont les deux aspects les plus redoutables de l’influence perpétrée contre l’homme à cause de son manque d’intégration mentale. Ces deux forces sur terre sont responsables de la division entre les hommes et les nations.

 

Au nom de la croyance, des milliers d’hommes peuvent retourner à la mort ou faire souffrir les autres. À cause du doute, l’homme peut vivre toute une vie dans l’absence de sa propre intelligence libre. Non seulement ces deux forces l’englobent-elles, elles le font aussi souffrir ; et la vie sur terre ne doit pas être une vie de souffrance mais de créativité continue, d’intégration totale des forces occultes de l’homme. L’homme nouveau devra payer cher le prix de cette réalisation, car les forces de la mort sont présentes en lui à travers le doute et la croyance. Elles utilisent ces chaînes pour intercepter son énergie créative et le rendre impuissant, sans pouvoir créatif, sans individualité pure et absolue.

Les forces occultes de l’homme se cachent derrière la façade du symbolisme religieux, spirituel ou ésotérique ; ces forces travaillent selon l’aspect le plus faible de la conscience humaine, ou selon le plus développé. L’homme ne connaît aucune sécurité devant ces forces, car elles font partie de lui; ses liens avec elles est basé sur les mémoires antérieures de vies imparfaites, vécues sur le plan matériel au cours de l’involution. La seule sécurité réelle et absolue de l’homme demeure l’intégration de ces forces jusqu’au contrôle total de leur fonction psychologique sur l’ego. L’homme nouveau devra conséquemment livrer une lutte intérieure de longue haleine sur le plan personnel, afin de comprendre jusqu’à quel point la totalité des influences sur terre est sous la direction d’entités qui n’ont d’intelligence qu’à la mesure de l’ignorance de l’homme. Les entités savent qu’il est un sous-produit de leurs activités, et qu’il se comporte selon cette programmation inconsciente à travers ses émotions et ses pensées subjectives. Par ailleurs, elles savent aussi leur impuissance vis-à-vis de l’homme qui a compris les lois internes du mensonge cosmique sur la terre et les plans parallèles.

Non seulement le doute et la croyance doivent-ils être éliminés de la conscience humaine, mais ces deux mécanismes d’inversion doivent en plus être annihilés en lui, afin que les entités elles-mêmes soient un jour libérées. Tout ceci se vérifie occultement. Ce sera à l’homme nouveau, au cours de la prochaine évolution, de les rendre libres, car lui seul sera capable de voir à travers la manipulation dont elles sont elles-mêmes victimes, puisqu’elles n’ont aucun lien émotif avec l’homme. Le lien émotif avec la mort permet à l’homme de se perdre, et cette même absence de lien avec l’homme rend ce dernier invulnérable.

 

Ceux qui seront les plus susceptibles d’être victimes du doute et de la croyance seront ceux qui auront progressé plus loin sur le chemin de la spiritualité occulte. Ces êtres auront déjà établi un contact avancé avec les entités des mondes parallèles, malgré eux-mêmes. Il est inévitable que toute forme de spiritualisation du mental humain, surtout lorsqu’elle est d’ordre occulte et avancée, lie karmiquement l’homme à des entités qui ont facilement accès à son taux vibratoire ; ceci leur permet d’entrer en communication intérieure avec lui à son insu. Ces êtres sensibles risqueront d’être plus affectés par la grande vague de mensonge cosmique qui frappera la terre d’ici quelques années, alors que ces forces occultes auront à livrer leur dernière lutte contre l’esprit de l’homme. Tout sera alors utilisé dans l’arsenal symbolique. Les plus hautes formes du sacré seront employées contre lui, et l’homme croira que ces formes sont et demeureront sa sécurité. Illusion triomphale! Déjà, journaux et annales psychiatriques confirment que beaucoup d’actes meurtriers sont perpétrés au nom de certaines figures sacrées du monde chrétien, tels le Christ, la Vierge ou d’autres dénominations. De tels phénomènes sont des indices du pouvoir de la croyance, utilisé par les forces occultes contre l’homme afin de semer la confusion sur le plan matériel.

La folie deviendra de plus en plus courante et répandue dans le monde, à cause du stress subi par l’homme moderne. Sa forme s’apparentera de plus en plus avec la division de personnalité, stade avancé de possession astrale. Le passage de ces forces vers l’homme sera ouvert par la confusion qui régnera de plus en plus sur le plan matériel. L’homme nouveau sera amené à voir à travers toutes les formes de croyance. Il vivra le doute jusqu’à l’épuration totale de son mental, et c’est ainsi qu’il deviendra libre de ces forces agissantes.

Nous vivons dans une des plus importantes périodes de l’évolution de l’humanité. Ceux qui comprennent et voient aujourd’hui ne peuvent encore s’imaginer jusqu’à quel point elle est définitive pour l’homme, et combien grand est l’enjeu à travers tout ce que l’homme croit faire selon les lois de son libre-arbitre illusoire.

 

Le doute est une faiblesse de l’intelligence face à l’infinité du mental créatif. Il représente le pouvoir de la mémoire contre l’intelligence créative, et engendre l’impuissance créative du mental. Le doute est une des plus grandes failles de l’intelligence créative de l’homme. Non seulement paralyse-t-il l’esprit, mais il rend ce dernier esclave de la mémoire collective ; ainsi l’être se voit obligé de demeurer impuissant devant les forces involutives qui veulent l’englober par le mécanisme de l’opinion collective, elle-même sanctionnée par l’histoire et l’autorité temporelle ou spirituelle. Le doute a enlevé à l’homme la capacité de démontrer par la pensée créative la grande dimension du réel, bien au-delà de celle que lui imposa le pouvoir involutif sur terre.

Tous les hommes ont des croyances ; ces croyances sont utilisées par les forces involutives pour le protéger contre le doute de sa propre intelligence impuissante et non créative. Dans un même temps, ces croyances l’empêchent de voir et de comprendre l’ignorance involutive. La croyance est au mental inférieur ce que le bandeau est à la vision. Elle garde l’être renfermé à l’intérieur d’une doctrine où l’habitude des siècles le garde dans la noirceur. L’homme involutif eut besoin de croyances avant l’évolution, mais ce besoin disparaîtra de la conscience évolutive. Cette dernière ne se nourrira que de ce qu’elle sait, car le mental aura été élevé en vibration, de sorte que les formes-pensées millénaires ne pourront plus la satisfaire, elles seront impuissantes à lui donner des réponses que seul un mental éveillé et libre pourra faire naître de l’infinité de la conscience universelle.

Le doute et la croyance ont été les mécanismes privilégiés du pouvoir sur l’homme. Si le pouvoir le reconnaît, il ne peut s’en défaire, car il y va de la permanence et du maintien de sa structure. Il reconnaît que le doute et la croyance sont les ultimes formes utilisées pour protéger l’homme contre son ignorance psychologique, face à la noirceur et au désespoir. Le pouvoir ne fait rien pour changer la condition psychologique humaine, car le doute et la croyance lui assurent l’hégémonie.

 

La supraconscience créera un choc à la conscience planétaire. De l’être conscient naîtra une science de la vie, dont la force et le feu ébranleront les esprits les plus contraints par le pouvoir à demeurer silencieux, prisonniers de l’illusion de ces deux forces façonnées par des millénaires d’ignorance et de soumission psychologique et psychique.

Le pouvoir peut répondre aux grandes questions de la vie. Seule la conscience éveillée et libre en intelligence peut s’élever au-dessus des opinions fossilisées du passé involutif. Ce sera le nouveau pouvoir, et il sera partie intégrante de la conscience supramentale, conscience libérée de la mémoire collective. L’évolution mettra à jour les mystères, et donnera à la vie un sens réel né d’un mental puissant et créatif. Croire veut dire vivre de l’opinion des autres et de l’histoire, vivre des miettes de pain lancées aux affamés de la vérité pour les maintenir en laisse. L’être nouveau ne croira pas, il saura.

Savoir signifie canaliser parfaitement la puissance créative de l’esprit, au-delà des conventions psychospirituelle d’une humanité empoisonnée par la division des connaissances. L’homme découvrira le réel et ne voudra plus rien connaître du vrai, car le vrai n’est que l’envers du faux. Il vivra du réel, la synthèse du vrai et du faux. Il aura la paix de l’esprit ; son mental sera en communication directe avec la lumière, source de vie et d’intelligence. Ceux qui ont fait progresser l’humanité furent rejetés par le pouvoir, car celui-ci meurt et s’affaiblit devant l’assaut de l’esprit éveillé, là où l’homme a une vie plus réelle. Le pouvoir ne recherche pas l’esprit, mais la lettre. C’est par la lettre que l’homme est amené à croire, alors que par l’esprit il est poussé à évoluer. La puissance de l’esprit, c’est le mouvement de la lumière dans le cosmos, et le pouvoir n’aime pas la lumière, car il cherche la permanence. Mais le pouvoir ne peut demeurer intact indéfiniment ; le jour vient où l’esprit dominera le pouvoir afin de renverser ce que l’histoire a créé. Ce sera le temps de l’apocalypse, période de révélation où l’homme apprendra et comprendra ce qui se trame dans les sphères, au-delà de la matière, annonçant l’évolution future de l’humanité par-delà la croyance et le doute.

 

Le pouvoir tremblera durant cette période, car toutes les réponses jailliront de la bouche de l’homme nouveau. Ceci marquera le feu de la nouvelle alliance entre l’esprit, le double, la lumière et l’homme. Ce sera la fusion entre l’invisible et le matériel, la fin de la civilisation telle que nous l’avons connue. Le doute ne peut s’éterniser dans la conscience. L’homme n’est pas sur terre pour douter, mais pour découvrir qu’il sait. La croyance ne peut emprisonner l’homme indéfiniment ; déjà la puissance de son propre esprit se manifeste à travers une conscience créative, pour délier ce qui fut, par le passé, lié. L’homme doit être libre, et la prochaine époque marquera le développement de cette liberté réelle, sans croyance et sans doute, remplie du savoir de l’homme nouveau. Ce sera le début de l’individualisation de l’être et le retour de l’homme à sa source universelle. Le pouvoir du doute et de la croyance sera impuissant contre lui ; il sera sa propre lumière.

Le pouvoir temporel et spirituel ayant perdu les outils de sa puissance contre l’homme, une pensée nouvelle jaillira partout dans le monde, qui jamais plus ne sera réservée à une élite quelconque, car la conscience est universelle. La grossière et primitive spiritualité sera remplacée par la puissante lumière de l’homme. Elle déchirera les mystères du passé, utilisés par le pouvoir pour emprisonner l’être dans son impuissance à créer. L’universalité de la lumière témoignera de l’universalité de l’homme et de son lien universel avec les sphères. Ainsi débutera la fin de la conscience collective spiritualisée de l’humanité, nécessaire pendant l’involution à cause des voiles de la conscience mentale inférieure. Cette dernière sera remplacée par un nouvel état mental issu des forces créatives nouvelles, engendrées par l’éveil. Les collectivités spirituelles sentiront glisser entre leurs doigts le pouvoir qu’elles avaient exercé sur et contre l’homme, depuis le début de la formation de la conscience sociale involutive.

Les grandes questions philosophiques et morales qui divisent et angoissent l’humanité seront tranchées par l’homme, sur une base totalement personnelle, avec comme seul éclairage l’intelligence créative. L’homme nouveau regardera sans crainte et avec grande clarté d’esprit ce que l’élite spirituelle ou temporelle avait craint de regarder, pour des raisons d’opinions publiques et de souveraineté de leur pouvoir fossilisé, vide de créativité évolutive et de lumière réelle. L’esprit de l’homme ne craindra pas le réel, car ce dernier ne fait pas partie de la mort.

 

Quand l’institutionnalisation de la vérité aura disparu en tant que besoin psychologique chez l’homme nouveau, une ère de liberté et de créativité mentale naîtra et de nouvelles œuvres apparaîtront, qui disperseront les mystères et feront de la vérité un support illusoire et dépassé. Le savoir, issu du réel, définira la réalité clairement ; l’homme verra que le mensonge et la vérité sont les parties de la même interface. L’évolution du savoir sera proportionnelle à l’évolution de la conscience supérieure ; la croyance et le doute feront partie des anciennes superstitions de l’être. Ayant atteint un niveau de conscience universelle, l’homme grandira dans le savoir ; le jour viendra où le savoir remplacera la connaissance, et l’humanité sera enfin unie dans son universalité.

Le doute fut, de tout temps, une épine dans l’esprit de l’homme, car les grandes questions fondamentales de la vie ne pouvaient trouver de réponses finales. L’âge de l’intelligence n’avait pas encore été atteint. Seule la raison, aidée d’une intuition vacillante, pouvait lui fournir une maigre réponse à une réalité que seul le double pouvait lui faire reconnaître sans l’aliéner. Alors que le doute affaiblissait l’homme, la croyance le poussait à conserver ses anciennes formes de pensées, colorées par l’histoire et enjolivées par la naïveté spirituelle et religieuse des siècles où il ne pouvait encore reconnaître son lien universel avec l’intelligence créative. Seule cette dernière pouvait lui faire comprendre les mystères et mettre fin à son anxiété existentielle.

La conscience supramentale transformera l’homme ; son esprit sera illuminé de l’intérieur par sa contrepartie universelle et cosmique. Jamais plus il ne sera seul devant la vie, jamais plus il ne sentira en lui le doute ou ne devra se nourrir de la croyance pour ne pas sombrer dans la noirceur de sa civilisation. Cette époque apportera la lumière à la terre, et les hommes grandiront dans le savoir. La conscience du double remplacera l’autorité factice de sa culture et de sa civilisation.

 

 

L’être sera au-delà de la connaissance involutive. Il reconnaîtra sa propre autorité universelle, et la vie mentale de l’homme passera à un autre niveau de la réalité psychologique et psychique du moi planétaire et expérientiel. La fusion de l’homme sera une marque gravée dans le front. D’elle naîtra le surhomme, le fils de la lumière, celui qui n’a aucun lien avec le passé.