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L’univers de la pensée

 

Le phénomène de la pensée naît, dans le monde mental, d’un groupe immensément vaste de planètes immatérielles dont le mouvement et l’activité universelle coïncident avec le mouvement de la pensée à tous les niveaux de sa manifestation. La nouvelle psychologie de la conscience future sera fondée sur des principes de mentation qui n’ont aucune relation avec le monde conceptuel auquel appartient l’homme de l’involution ; la longueur d’onde de la conscience humaine aura été élevée et la pensée de l’homme en subira une transformation profonde.

Pour tout être conscient, la dimensionnalité de sa conscience est proportionnelle à la capacité mentale d’en supporter l’absence d’égoïcité, cette absence de réflection psychologique centrée sur la conscience de l’ego ou du moi subjectif. Avec cette conscience nouvelle, l’homme pourra commencer à décrire la phénoménologie de la pensée à partir d’un savoir mental déconnecté des données psychologiques appartenant à la mémoire expérientielle du moi. Une telle conscience peut facilement englober l’énergie de ses composantes, et la concrétiser dans un même mouvement, afin d’en extraire une forme bénéfique à l’homme et au savoir en général.

L’involution a voulu faire croire à l’homme qu’il était lui-même la source de son mental ou de sa mentation ; en fait cette dernière ne représente que le point terminal d’un mouvement d’énergie dans sa conscience, qui tire son origine de la vie mentale universelle située hors des frontières psychologiques de l’ego.

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Durant l’involution, l’homme dut subir ses pensées par rélection, afin de prendre conscience de la couleur de son ego, ce qui lui permit de développer une personnalité subjective nécessaire à l’expression de ses besoins au cours de sa vie matérielle. Mais cette condition de l’involution, toute essentielle qu’elle fût, a coûté à l’homme un prix très élevé : celui de ne pas pouvoir comprendre la nature réelle de sa conscience.

La souffrance égoïque de l’homme et sa recherche à travers différents systèmes de pensée ont eu pour fonction occulte de le nidifier dans une ignorance temporaire, jusqu’à ce qu’il développe lui-même les mécanismes de sa libération. Non seulement l’ignorance lui était- elle nécessaire pendant l’involution, compte tenu de la qualité de son mental inférieur, mais elle était inévitable, car l’énergie mentale que l’homme connaîtra au cours de la prochaine évolution n’était pas encore disponible sur terre.

En 1969 cette énergie commença à descendre et à se faire sentir sur le plan matériel. Depuis lors, les hommes les plus avancés dans l’évolution de leur conscience personnelle ont commencé à sentir qu’il se passait quelque chose d’étrange en eux, dont ils ne pouvaient pas clairement identifier la cause. Et c’est au cours des quinze dernières années qu’un certain niveau d’énergie de cette conscience nouvelle s’est fixé quelque part dans notre monde terrestre dans le but de déchirer les voiles de la conscience de l’involution, et de prendre racine dans une forme graduellement plus concrète de savoir.

Les êtres spirituels devront comprendre que la nature de leurs pensées inférieures doit être ajustée à une nouvelle vibration mentale, avant de pouvoir passer de l’involution à l’évolution de la conscience. Leur spiritualité involutive ne pourra plus leur offrir aucune certitude, car les pensées spirituelles font partie d’un monde mental dont la fonction n’est pas d’élever la conscience de l’homme, mais de lui donner une dynamique astrale pour maintenir sur terre un pouvoir involutif.

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La réalité ne peut être perçue avec exactitude que dans la confrontation mentale avec les intelligences subtiles qui œuvrent à travers son mental endormi, par le biais de formes- pensées subjectives, plaisantes à l’ego spiritualisé. Le mensonge cosmique fait partie du magnétisme psychique imposé sur toute forme-pensée non imprégnée de la lumière de l’homme. Au cours de l’évolution, la science du mental supérieur créera de grands chocs dans la conscience spiritualisée de la cinquième race-racine. Chocs inévitables, car le taux vibratoire de la conscience supramentale n’a aucun équivalent dans le monde mental involutif de la terre ; depuis très longtemps, ce monde a été en charge des destinées de l’humanité pour des raisons de conscience expérimentale.

La conscience supramentale a mis à jour et rendu publique l’existence d’une force cosmique dans l’homme, à laquelle le nom de mensonge cosmique fut attribué, afin d’alerter la conscience de l’involution. Cette nouvelle conscience, libre du monde mental inférieur et de ses relations avec la mémoire karmique de l’humanité, put établir, sans aucune opposition occulte de la part de ces mondes, que la nature mentale de l’homme nouveau faisait partie de l’activité créative d’un autre soleil invisible, situé à l’extérieur de notre propre système solaire. L’émanation de ce centre d’énergie a permis à ceux qui ont suffisamment vécu l’expérience de la conscience involutive de passer à un autre stade ; celui-ci élèvera la conscience humaine individualisée au-delà du magnétisme mental que créaient en lui les formes-pensées de l’involution, alors qu’elles prenaient leurs origines dans les plans de la mort, là où l’activité mentale était créée par ces êtres qui, déjà, entretenaient des liens de vie antérieure avec le mortel.

L’univers de la pensée est sans équivoque un univers aussi réel que l’univers matériel dans lequel nous vivons ; cependant, le taux vibratoire de son énergie s’apparente à l’invisibilité pour l’homme inconscient. À partir du moment où la conscience de l’homme s’élève vibratoirement au-dessus des conditions involutives de sa conscience expérimentale, il commence à percevoir et enfin à pénétrer ces mondes d’une extraordinaire beauté ; ceux-ci détiennent l’évidence finale et absolue que sa conscience fut expérientielle durant l’involution de sa conscience planétaire. Voilà pourquoi l’homme nouveau découvrira les pièges du mensonge cosmique à travers sa pensée subjective, spiritualisée par les forces de l’involution. Ainsi se créera une nouvelle conscience capable de transposer la réalité des sens matériels dans la réalité des sens psychiques, dont la fonction lumineuse et créative fait partie de la nature réelle de l’homme.

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La grande difficulté que connaîtra l’homme futur sera liée à son besoin de s’identifier à une pensée colorée, subjective. La pensée subjective n’est pas vérifiable instantanément par l’ego ; elle le force à s’assujettir à une forme ou une autre d’expérience, au lieu de lui permettre de vivre créativement, en permanence, ce qui le libérerait de l’expérience souffrante de la vie inconsciente. La conscience nouvelle lui fera reconnaître en lui un certain niveau d’autorité face à ce qu’il sait, selon son niveau d’évolution et son niveau de sensibilité à cette vibration dans le mental que toute forme-pensée dégage lorsqu’elle s’imprime dans sa conscience. Parce que l’homme de l’involution n’avait pas réalisé la qualité occulte de la pensée et son origine, dans les mondes qui ne font pas partie de l’organisation psychologique de sa réalité, il lui fut impossible de remplacer sa science inférieure par une science supérieure de l’invisible. Ce phénomène entraîna le développement de la pensée spirituelle sur terre ; en elle-même, cette pensée est bonne, mais à long terme elle devient retardataire, car elle ne naît pas de l’homme mais de forces occultes qui ont accès à son mental alors qu’il en est lui-même privé.

Comprendre le monde de la pensée humaine équivaut à comprendre le mouvement des forces de vie à travers l’homme. Ce dernier ne peut aisément équilibrer ses pensées ; il trouve difficile de les vivre en fonction de leur mouvement énergétique à travers le plan mental. Pour cette raison, il vit constamment une sorte d’insatisfaction dans son rythme de vie. Il faudra que l’homme nouveau reconnaisse le déséquilibre de ses pensées pour parvenir à les vivre selon l’équilibre intérieur essentiel à son bien-être vital. Il reconnaîtra que l’émotivité est responsable d’un certain degré de manipulation à l’intérieur de son pan mental.

De cette prise de conscience grandira le pouvoir mental de l’homme. Mais tant qu’il n’aura pas conquis l’émotivité de sa pensée subjective, il sera forcé de la vivre d’une manière qui ne convient pas à sa liberté réelle. Toute pensée déséquilibrée doit être ajustée par l’homme, selon son niveau de compétence psychologique. La nouvelle psychologie, fondée sur le principe de la liberté dans le mental, libérera l’homme du pouvoir des forces occultes sur lui.

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Autant le monde astral est occulte ou voilé pour l’homme d’aujourd’hui, autant ce même monde sera clair et évident pour l’homme conscient. Sa relation avec le plan mental ne sera plus une relation de dépendance, mais plutôt une relation d’énergie créative dont le point de force sera dans le centre même de sa volonté, au-dessus et au-delà de sa conscience psychologique et personnalisée. Pour bien comprendre le pouvoir du plan mental inconscient sur l’humain, nous n’avons qu’à considérer jusqu’à quel point nous avons de la difficulté à ne pas penser ce que nous ne voulons pas penser. Le simple fait que l’homme soit esclave de ses pensées subjectives fait de lui un être ordinaire au lieu d’un être extraordinaire, libre dans le sens absolu du terme.

Tant et aussi longtemps que l’homme n’aura pas compris les lois occultes du mental inférieur, il ne pourra pas vivre psychologiquement en paix, car son mental demeurera un plan d’énergie qui ne sera pas sous son contrôle mais sous celui des forces occultes en lui. La conscience de l’homme nouveau sera différente, elle ne sera plus assujettissante au plan mental. Le phénomène de la pensée passera d’un plan subjectif et expérientiel à un plan créatif libre. Alors seulement l’homme verra que l’être humain conscientisé est réellement libre dans tous les aspects de son intégralité.

L’univers invisible du plan mental répond au besoin évolutif de l’homme à partir du moment où celui-ci est suffisamment conscient pour en contrôler la relation. L’être conscient ne peut vivre une vie en marge de lui-même, car son intelligence est trop développée occultement, il sait trop de choses concernant la réalité inférieure de son mental expérientiel et mémoriel. Il y va de la conscience de l’homme nouveau de mettre un terme à l’abus de pouvoir dont il a souffert depuis des millénaires. Mais il y va aussi de lui de pouvoir supporter ce qu’il constatera au cours de son évolution. Jamais ne viendra le jour où tout s’arrangera pour lui, c’est une illusion dont il doit se détacher maintenant. C’est lui au contraire, qui devra tout arranger afin que ce jour arrive, et le plus tôt possible, selon sa volonté de ne plus souffrir de l’expérience.

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Si la science du mental de l’homme est expliquée à la fin du cycle que nous connaissons, il va de soi d’en découvrir l’avantage. Cette découverte ne peut être qu’à la mesure de la sensibilité de chacun. Il y a des lois intérieures de la conscience qui ne se discutent pas à partir du moment où elles sont découvertes par l’homme conscient lui-même. Le plus grand ami de l’homme c’est lui-même, lorsque ce dernier a enfin transmuté sa conscience mentale inférieure; au-delà de cette conscience, les voiles de l’ego n’existent plus et le pouvoir de la conscience supramentale devient actif sur terre. C’est sur le plan de la pensée que l’homme de l’involution devra concentrer ses efforts pour passer d’un cycle à un autre; la pensée détermine non seulement la conscience de l’homme, mais aussi l’équilibre ou le déséquilibre de ses forces intérieures. L’homme nouveau sera parfaitement bien dans sa peau. Il aura compris que l’équilibre de ses forces mentales est relié à ses énergies émotives ; à cause de ce nouvel équilibre de la conscience humaine, la distance entre le comportement de l’homme nouveau et celui de l’homme ancien grandira sur terre. Deux modes de vie seront possibles : celui de la vie évolutive, et celui de l’involution.

L’univers de la pensée représentera pour l’homme conscient non seulement une expérience psychologique, mais bien une expérience extrasensorielle lorsque son centre mental supérieur aura été parfaitement développé. À partir de ce nouveau centre de conscience, il découvrira les mystères de l’espace-temps. Le voyage astral de l’ancienne conscience avait coloré ces mystères à un tel point que l’être humain se retrouvait dans des plans de vie inférieurs à sa propre conscience mentale. Cette dernière a le pouvoir de se lier étroitement à son véhicule éthérique, dont la vitesse de déplacement dans les univers parallèles correspond parfaitement à la vitesse de déplacement de son esprit. L’homme comprendra ce que veut dire intelligence dans le sens occulte du terme, il verra qu’elle ne possède aucune relation psychologique avec la définition connue au cours de l’involution. Cette nouvelle conscience mentale lui fera voir, selon l’évolution de ses corps subtils, que le caractère primitif de la présente définition de l’intelligence est le résultat de l’affabulation qu’a créé le concept du libre-arbitre ; ce dernier a permis que la race évolue non à partir d’une conscience créative, mais selon sa conscience réflective basée sur le principe de l’expérience de l’ego ou le pouvoir mécanique de la mémoire cérébrale.

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L’homme nouveau découvrira que le monde mental, un monde en lui-même, devient une partie universelle de la conscience organisée des univers parallèles. Pour ce faire, il deviendra capable de vivre en fonction des lois d’énergie du mental supérieur, et non en fonction des principes psychologiques d’une conscience déjà morte à la réalité des sphères qui sous-tendent l’organisation inférieure de la matière solide ou psychique. La nouvelle évolution incitera l’homme conscient à affronter la réalité, avec des dimensions d’expériences psychiques élémentaires à l’organisation de l’univers entier. Les limites physiques des sens matériels ne peuvent lui ouvrir le vaste et infini territoire du réel. Ce sont les facultés ultérieures de sa conscience qui le propulseront, et il verra alors l’étendue de son ignorance antérieure. Si l’homme n’est pas prêt psychologiquement et psychiquement à comprendre des principes de vie mentale qui s’étendent au-delà de ses conceptions matérialistes, il est évident que le temps de cette intégration n’est pas venu pour lui, et son rythme doit être respecté.

Ce que l’homme découvrira de la réalité de son moi représentera un choc pour l’ego ou sa conscience intellectualisée. La nature du mental inférieur est déjà sous le contrôle des forces psychiques en lui, dont il ne s’est pas encore libéré. Les hommes qui auront suffisamment de sensibilité intérieure pour aller au-delà des limites psychologiques imposées par ces forces découvriront une nouvelle vie mentale qui dormait en eux, prête à être éveillée par les nouvelles forces de vie intelligentes. Celles-ci viennent vers l’homme, à partir de mondes encore inconnus de lui et auxquels il n’aura accès que lorsqu’il aura rompu son lien avec le monde de la mort.

La coloration de la pensée est responsable de la division qui existe entre la réalité de l’homme et son moi. Cette coloration empêche l’homme d’être présent en esprit dans ces mondes qui, déjà, sont prêts à le recevoir pour qu’il puisse participer créativement à l’évolution.

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La coloration du mental humain invite l’homme à vivre ce sentiment de division intérieure au lieu de connaître l’élan psychique extraordinaire de la conscience réelle, sans fin et sans frontière. Si l’homme de l’involution subit sa pensée subjective et colorée, c’est qu’il n’était pas prêt à supporter une vie mentale supérieure soutenue pas une pensée évolutive insuffisante. Aujourd’hui par contre, il est prêt à passer à une autre étape de vie, depuis que la nature scientifique de son mental a solidifié sa recherche de la loi de cause et d’effet.

Le mental supérieur de l’homme nouveau pourra facilement comprendre les liens subtils de cause et d’effet à l’égard de la réalité évolutive des différents plans de vie. Il lui sera de plus en plus facile de passer d’un plan vibratoire à un autre, jusqu’à ce qu’il ait complété le mouvement ascensionnel de son énergie mentale ; ceci l’amènera à vivre un autre niveau d’expérience et finalisera son lien avec l’invisible. Il pourra alors participer aux différents secteurs de l’organisation invisible des mondes en évolution. Tant qu’il n’aura pas compris la nécessité de vivre sa conscience mentale à un niveau supérieur, non plus conditionnée par la mémoire subjective, il ne pourra bénéficier de sa conscience créative, et encore moins de son lien éthérique avec les mondes parallèles. Voilà pourquoi la nature interne de la conscience dite supramentale ne se dévoilera à l’homme qu’à mesure qu’il en supportera l’intelligence. Sa conscience supérieure sera un fait de vie inaliénable sur terre. Elle n’affichera pas l’attitude philosophique du mental inférieur à la recherche de quoi que ce soit.

Le monde de la pensée sera de plus en plus reconnu comme un monde similaire à celui de la matière. Sur le plan matériel, l’homme a découvert des relations étroites entre sa conscience inférieure et la matière. Il en sera de même pour l’homme nouveau, avec cette différence : le monde mental supérieur lui permettra de voir une relation étroite entre la cause et l’effet de l’invisible, alors même qu’il est toujours dans la matière. À partir de ce nouveau point de départ, il connaîtra les pouvoirs occultes de sa conscience lumière, non colorés par l’ego, comme ils le furent pendant l’involution, alors que l’astral étendait sa domination sur l’homme jusqu’à une totale possession. Ceci donna naissance à la magie noire et à la magie blanche, deux branches parallèles du pouvoir de l’astral sur terre.

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L’évolution de la conscience future de l’homme étendra l’empire de la cause et de l’effet au-delà de la perception purement mécaniste de la conscience involutive. L’homme nouveau pourra engendrer des chaînes d’événements créatifs sur le plan matériel, directement proportionnelles à sa conscience créative, dont le siège se situera sur le plan mental et éthérique de sa nouvelle conscience systémique. Il apparaîtra alors que la conscience de la terre subit un changement profond de direction, relié à des forces ou à l’agissement de forces dont la conscience humaine involutive ne pourra comprendre ni l’origine ou le destin. La nature nouvelle de la conscience évolutive à l’égard de la cause et de l’effet se réfléchira dans la conscience aiguë et psychique des forces créatives de l’éther et l’événement matériel. Pour la première fois depuis l’involution, la loi de l’invisible sera suspendue dans la conscience de l’homme nouveau. Ce dernier pourra enfin reconnaître la relation entre les différents événements de la vie matérielle et les forces de vie agissant à travers l’actualisation de son mental supérieur et parfaitement éveillé. La conscience supérieure changera tellement le comportement humain que l’homme futur se sentira totalement différent. La doctrine de la vie humaine, telle que nous l’avons développée par le passé, sera tout à fait renversée par une nouvelle compréhension des forces actives en l’homme.

À cause de cette nouvelle conscience, la vie future pourra facilement être ajustée en vibration, afin que le corps matériel ne limite plus la conscience humaine. La vie réelle dépasse dans sa finalité ce que l’homme matériel peut concevoir. Ses sens psychiques éveillés ont le pouvoir et la destinée de le faire participer à un autre palier d’existence, depuis l’invisible jusque dans la matière. À partir de l’invisible de la matière, l’homme pourra devenir un scientifique réel et puissamment créatif. Nous vivons dans un univers habité par d’autres plans vibratoires, où des intelligences de haute évolution attendent de rencontrer l’homme. La science de l’intelligence et de l’évolution des possibilités investigatrices de l’homme nouveau lui feront réaliser le processus très complexe de sa descente dans la matière, et le pourquoi de cette descente. L’homme de la prochaine évolution sera parfaitement conscient des forces cosmiques qui ont mis en branle son plan d’évolution et celui de la terre.

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Avant que l’homme ne puisse jouir de cette science et comprendre scientifiquement l’histoire de la création des systèmes, il lui faudra comprendre d’abord que la recherche de la vérité sur le plan matériel doit être remplacée par la descente, dans son mental, d’une énergie dont le pouvoir générateur de savoir remplira la fonction créative révélatrice de sa conscience supérieure. La descente de cette énergie ne peut être retardée que par ses liens émotifs avec la mémoire subjective de l’ego, enracinée dans une façon de penser et de voir les choses de la vie selon les lois de la mort.

Le monde de la pensée est un univers en lui-même, et les frontières des mondes invisibles en sont les limites. La pensée n’est pas une forme inerte, intelligente, mais bien la manifestation, à partir d’un plan quelconque, d’une communication télépathique dont le taux vibratoire, chez l’être involutif, est suffisamment bas pour apparaître ou sembler être le produit de sa propre création individuelle. La pensée fait partie des champs de force utilisés dans l’invisible pour permettre à des intelligences de différents niveaux de s’actualiser à travers le cerveau matériel, et ainsi améliorer ou retarder, selon le cas, l’évolution de la conscience humaine.

L’évolution de la conscience jettera de la lumière sur la pensée ; ceci permettra à l’homme de la prochaine époque de comprendre selon son degré d’évolution sa relation étroite avec les différents plans universels. Autant la pensée, au cours de l’involution, fut perçue comme le produit du cerveau humain, autant on reconnaîtra au cours de l’évolution que le cerveau n’est simplement qu’un outil très perfectionné et en voie d’évolution, servant à la réception d’ondes et de pensées de plus en plus universelles, de plus en plus cosmiques, qui lient l’esprit de l’homme à des plans d’évolution coïncidant à son propre niveau de conscience. Le mythe psychologique de la pensée individuelle et sans autre source que le cerveau équivaut au mythe de la radio qui fournirait l’onde qui donne naissance à la voix.

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Non seulement la pensée est-elle la manifestation d’une communication à partir des différents plans de la réalité invisible, mais elle est aussi une façon, pour la conscience d’évoluer par le biais d’une pensée de plus en plus créative, dans la mesure où l’homme prendra conscience des lois de l’énergie mentale et de l’intelligence. La personnification égoïque de la pensée est à l’origine de l’inconscience humaine, et la prochaine époque fera éclater ce mythe ; l’être, dans son individualité réelle, prendra conscience de son lien universel dans la mesure où il pourra en supporter la réalité. L’univers invisible sous-tend l’univers matériel, et c’est de l’invisible que se nourrit l’homme sur les plans psychologique et psychique. Mais l’invisible est une dimension inexplorée et inconnue. L’homme nouveau explorera cette dimension du réel, de la même façon qu’il a su explorer la dimension matérielle de son plan. La clef d’évolution sera directement reliée à la compréhension encore trop fragmentaire du monde mental, d’où naît la pensée créative avant de se détériorer et de se contaminer à travers les mémoires astralisées. L’homme est un être de lumière, et non simplement un être matériel. L’évolution du mental humain fera naître cette lumière sur le plan matériel de vie, et l’on découvrira alors le pouvoir de la pensée créative sur la matière.

La pensée et l’univers sont un, et son énergie y retourne constamment. Selon son plan d’origine, la pensée sert à la manifestation, dans le temps et l’espace, de différentes formes d’énergie perçues par l’homme, sur le plan mental, lorsqu’il prend conscience de sa réalité. Mais la pensée involutive subjective n’est pas suffisamment épurée pour que l’homme bénéficie d’une intelligence créative, en harmonie avec les sphères de lumière. Il est donc forcé de vivre des pensées colorées par la mémoire de l’humanité, au lieu de vivre des pensées issues de la conscience universelle de son être réel, son double.

Le lien entre l’homme et le double lui permettra de dépasser les conditions actuelles de vie planétaire et d’explorer les domaines invisibles de la vie. Cette vie nouvelle rendra possible l’élévation de sa conscience au-delà des limites du réel et du connu, pour explorer ces zones inconnues dont l’infinité fait partie des grandes époques de la création.

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La pensée créative est issue du monde mental supérieur, alors que la pensée subjective prend sa source dans la mémoire de l’humanité, enregistrée sur les plans astraux où la conscience n’est que mémoire sans identité. Lorsque l’homme meurt et que son esprit n’a pas atteint un niveau d’évolution suffisant pour se libérer de ces plans, la totalité de sa mémoire expérientielle devient une entité astrale ; ce sont ces entités astrales qui brouillent les ondes de la pensée créative de l’être, et le forcent à subir une conscience nettement inférieure à celle qu’il devrait connaître. Les entités astrales déforment la réalité de l’homme pour le garder dans l’ignorance, car elles se nourrissent de l’ignorance humaine.

L’univers et ses plans constituent une partie infime de la réalité, puisque cette dernière n’a pas encore été totalement élevée à un niveau de conscience suffisant pour que l’esprit puisse l’habiter dans sa totalité. L’évolution future demandera que l’homme vive la fusion de son être avec son double pour créer d’autres systèmes de vie où la pensée, très différente de sa manifestation terrestre contemporaine servira à créer plutôt qu’à construire. Le processus de la création est fondé sur le pouvoir vibratoire de l’énergie de la pensée ; mais sur les plans élevés de la conscience universelle, la pensée ne ressemble plus à ce que l’homme connaît sur terre, car la vitesse de la lumière est trop grande pour que la forme-pensée actuelle puisse être communiquée de façon linéaire, tel qu’elle l’est sur le plan matériel.

L’évolution permettra de réaliser que la pensée subjective n’est autre chose qu’une façon, à la conscience, de prendre mesure d’elle-même, tant et aussi longtemps qu’elle n’aura pas connu la fusion qui la supportera sur tous les plans de la réalité ; ceci la libérera du besoin de penser subjectivement, dans le but éventuel de créer à partir du mouvement instantané de la volonté de l’homme-lumière. L’être inconscient, au stade où il en est rendu, ne peut exercer sa volonté sans le support de la pensée subjective car elle n’est pas encore unie à la lumière de son double ; il doit encore vivre d’une volonté subjective et planétaire pour perfectionner son esprit et le rendre libre, plus tard, de la mémoire de ses vies antérieures auxquelles il est lié par le processus de l’incarnation.

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L’univers de la pensée est aussi vaste que la pensée elle-même. Pour cette raison, la pensée créative de l’homme nouveau sera sans fin, capable de comprendre l’infinité de la même façon qu’elle peut, aujourd’hui, saisir la finitude des choses. Quand on affirme que tout est relatif, ou veut dire que la limite psychologique de l’ego est proportionnelle à la limite de sa pensée subjective. La fusion permettra que la pensée devienne de plus en plus créative, de plus en plus vaste en potentiel créatif et en moyen d’étude profonde. C’est en effet par l’étude créative de l’univers invisible que l’homme découvrira les lois de l’énergie et qu’il pourra enfin utiliser ces nouvelles notions en fonction des besoins nouveaux de la nouvelle terre.

L’univers n’a aucun modèle référentiel d’expérience, car il est né d’une pensée cosmique sans début et sans fin. La pensée elle-même est sans début et sans fin, puisqu’elle ne représente qu’une forme d’énergie servant à donner à celui qui la canalise une science qui est le miroir de l’évolution universelle. C’est dans ce sens que la pensée de l’homme nouveau ne sera plus utilisée comme elle fut, par le passé, pour le développement de la connaissance personnalisée, mais pour le développement de la conscience personnelle. La différence est fondamentale, puisque la conscience précède toujours la connaissance lorsqu’elle est réelle, évolutive, en fusion. Tant que ce stade d’évolution n’aura pas été atteint, la conscience aura besoin de la connaissance pour sentir son appartenance à un certain ordre de vie. Dès l’instant où l’homme connaîtra la fusion, sa conscience se libérera du besoin psychologique de l’ego pour s’attaquer aux problèmes de l’évolution, au-delà de ses limites psychologiques. L’ego sera alors un canal parfait pour le mouvement de l’énergie de la pensée, et cette dernière deviendra de plus en plus créative. Un jour elle commandera à la matière, lorsqu’elle aura suffisamment épuré le mental inférieur de sa conscience planétaire. Il puisera alors à volonté dans l’énergie créative de l’universel, pour en faire surgir les données nécessaires à l’évolution de son être sur un plan quelconque de la réalité universelle.

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L’involution a limité la pensée humaine, car les forces créatives du mental ne s’étaient pas encore manifestées à travers le mental de l’homme. Cette limitation a causé l’ignorance de l’homme, et a donné naissance au pouvoir sur la conscience humaine millénaire. Ce pouvoir lié aux lois de l’involution, qui ne permettaient pas à l’homme de comprendre la plénitude de sa conscience. Avec la progression des idées dans le monde, le pouvoir s’est modifié et à la fin du vingtième siècle il semble montrer des aspects plus humanistes ; mais cette condition n’existe pas dans toutes les collectivités humaines. Et même là où le pouvoir affiche une allure plus humaine, il est toujours prêt à lutter contre une forme de liberté individuelle dont il ne pourrait s’accommoder. Voilà pourquoi l’évolution de la conscience future se fera sur un plan individuel et intérieur de la conscience. C’est la pensée intérieure, créative et conscientisée, qui transgressera les limites imposées par le pouvoir séculaire ou spirituel. Le pouvoir ne sera contesté que dans la conscience, et le niveau de l’intelligence reconnaissable ne le sera que par cette nouvelle conscience individualisée évolutive.

Tout être conscient de la pensée universelle connaît les lois de la vie ; il ne peut s’offrir en sacrifice à une conscience collective non responsable de l’ignorance des masses, puisqu’elle- même est le produit de cette ignorance. L’homme nouveau ne luttera pas contre les hommes, mais contre les forces dans l’homme qui l’ont rendu prisonnier du mensonge cosmique.

La réalisation de l’universalité de la pensée fera des hommes nouveaux une race inconnue et inconnaissable. Les voiles de l’espace et du temps seront déchirés, et ces êtres de lumière appartiendront à une autre dimension de la terre, qui travaillera directement à l’évolution. L’univers de la pensée et le monde du plan mental se réuniront pour donner à la terre une attention toute particulière qu’il est impossible de décrire. Ces temps nouveaux ne feront plus partie de l’histoire ancienne de l’humanité.