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La pensée humaine et la vérité

 

L’involution fut bâtie sur la recherche de la vérité. Dans un même temps, l’imposition de la vérité dominait la conscience sociale et personnelle de l’homme. La conscience de l’involution avait besoin de vérité car l’homme, jusqu’à nos jours, ne connaissait pas la conscience mentale créative, capable de découvrir par elle-même la réalité. L’histoire démontre très clairement que l’involution fut une période au cours de laquelle l’être humain fut prisonnier d’une vérité imposée par diverses formes d’autorité. Elle nous rend à l’évidence que la défense d’une vérité fut à la base même des conflits humains, car la nature de cette notion était trop éloignée du réel. Le problème de la vérité découle de ce qu’elle fut toujours construite à partir d’éléments émotifs chers à l’homme inconscient, éléments qui la subjectivisent et rendent l’homme, inévitablement, son esclave.

L’évolution de la conscience supramentale éliminera de la conscience humaine le besoin émotif de vérité. L’homme nouveau ne vivra qu’en fonction de son intelligence créative, libre, selon le degré d’évolution de sa conscience. Il bénéficiera d’une conscience mentale épurée, capable de supporter le choc du savoir, qui défie toute allégeance à une forme de vérité non certifiée par sa conscience mentale parfaitement individualisée. Libéré de ce besoin émotif, l’homme pourra prendre conscience de la réalité de l’invisible, selon l’activité puissante de sa conscience créative. Il se libérera du fardeau émotif de sa psychologie existentielle et primitive, ainsi que du pouvoir psychologique que tente de lui imposer la société inconsciente.

 

L’homme nouveau connaîtra une intelligence créative dépassant les limites psychologiques fixées par les vérités historiques de sa civilisation. Il ne supportera pas d’être englobé, car sa conscience sera absolue. Cette nouvelle condition le prédisposera à l’ouverture de son centre mental supérieur, et il lui sera alors facile d’accéder à des dimensions du savoir qui empêchent le besoin émotif d’ajouter toujours l’approbation sociale ou le sceau de la vérité à ce qu’il sait en lui-même.

La conscience supramentale étant une conscience libre et créative, l’homme nouveau la vivra en conformité avec les lois de la pensée créative, et non par rapport à des principes de la pensée subjective morte, qui ne représentent en rien le produit de sa conscience totale. La nouvelle conscience vibrera à un niveau tel que la moindre coloration de l’ego la rendra souffrante, et c’est ainsi que l’homme se verra obligé d’épurer son mental afin de vivre réellement, sans lien émotif avec la vérité subjective. Il est difficile à l’homme inconscient de comprendre comment il est nécessaire d’être libre de l’émotion rattachée à la vérité colorée, car l’involution a paralysé sa force créative. Au cours des millénaires, il fut obligé de subir une vérité afin de protéger sa société ou sa conscience personnelle contre l’annihilation. Ce fut essentiel pendant l’involution, mais ce ne le sera plus pour l’homme nouveau. Ce dernier aura compris que sa science mentale supérieure est universelle et se situe au-delà des limites psychologiques de l’ego involutif. L’homme évolué vivra sa conscience mentale selon ce qu’il saura, en rapport avec ce qu’il découvrira lui-même, universellement parlant. À partir de cette nouvelle condition de la vie mentale future, la vérité et ses besoins émotifs seront relégués à des niveaux inférieurs de la conscience humaine, jusqu’à ce que l’humanité, au cours des siècles qui précéderont l’avènement de la septième et la dernière race humaine, ait universalisé sa conscience partout sur terre.

 

Non seulement la vérité fait-elle partie de l’involution, mais elle n’existe dans sa forme actuelle qu’à cause de l’attitude subjective de l’homme. De même que l’on ne dit pas que la gravité est vraie, mais qu’elle est réelle, de même nous ne diront plus que telle ou telle condition de pensée est vraie mais qu’elle est réelle. Lorsque le besoin de vérité aura été remplacé par le savoir pur et sans condition, l’être humain se transformera psychiquement. L’énergie émotive nécessaire au support de toute forme de vérité aura été transformée en énergie mentale, car son état émotif le force à subir une condition psychologique qui n’est pas réelle, mais purement relative au temps ou à la période de l’expérience.

Rien n’est absolu ou permanent dans la vérité, car elle représente toujours un état inférieur. Voilà pourquoi elle est si forte et si puissante au sein du mental inférieur de l’homme. Il en a besoin afin de se sécuriser psychologiquement dans la vie, et il ne comprend celle-ci qu’à travers une chaîne de vérités diverses, qui font partie des différents niveaux de mensonge dont se nourrit l’homme, jusqu’à ce qu’il soit libre en conscience. La vérité ne peut satisfaire que l’inconscience humaine, car seule cette forme de mensonge peut donner à l’homme l’impression naïve d’une quelconque sécurité. Il existe une relation étroite entre la recherche de la vérité et l’insécurité de l’ego ; ce n’est qu’au cours de la prochaine évolution que l’homme nouveau aura réussi à dépasser cette condition psychologique du moi involutif. Il aura compris que le phénomène de la vérité est relié au phénomène de la croyance, et que ces deux aspects de la vie mentale inférieure de l’homme sont responsables, absolument, de son ignorance et de l’absence d’identité réelle de sa conscience.

Une des plus grandes servitudes qu’a subie et que subit encore l’humanité est due à l’attitude subjective des hommes par rapport à la vérité. Ceux qui connaîtront la conscience du mental supérieur souffriront, au cours de la transformation de leur conscience, du déchirement de la mémoire de la vérité sous le choc vibratoire de la conscience nouvelle. Ils découvriront que la conscience mentale supérieure est au-delà de la valeur psychologique de toute vérité rattachée à l’involution de la conscience. Si l’évolution de la science, à tous les niveaux, a été si longue, ce n’est pas parce que l’homme manquait d’intelligence, mais parce que les anciennes vérités faisaient obstacle à son mouvement créatif. Nous n’avons qu’à regarder de près la retenue abusive de l’Inquisition contre les grands esprits du temps pour réaliser que la vérité n’est qu’une forme ignorante de perception, jusqu’à ce que la connaissance subjective soit remplacée par un savoir solide et immuable, issu d’une conscience cosmique et universelle.

 

Il ne faut pas que l’homme inconscient perde ses vérités avant qu’il ne puisse par lui- même s’en libérer, surtout de celles qui appartiennent aux hautes sphères de la pensée religieuse ou spirituelle. Il a encore besoin d’un support, d’un placebo, pour continuer à vivre et à supporter une vie dont il ne comprend pas les lois subtiles et occultes. Par contre, l’homme conscient nouveau ne se laissera pas berner par des vérités qui n’ont plus, pour lui, de valeur réelle, car il aura déjà dépassé le point de jonction de la conscience involutive et évolutive.

L’homme nouveau se libérera totalement du besoin émotif de vérité, car il aura compris que la puissance créative de son mental a le pouvoir d’individualiser universellement le savoir. Le contact intérieur avec son énergie créative lui fera comprendre tout ce qu’il doit comprendre, selon ses besoins réels. Ayant été libéré du besoin émotif de vérité, il saura reconnaître le vrai du faux par vibration. Son mental n’aura plus à lutter pour la vérité dans le but de se créer psychologiquement une fausse sécurité. L’illusion qui se cache derrière toute vérité deviendra nette et claire ; l’absence d’émotivité dans son mental lui permettra de faire la synthèse de toutes formes-pensées imprimées dans sa conscience. Libéré de la dualité de la vérité, il progressera rapidement dans la définition de ce qui est réel, et les bases nouvelles de son savoir sans limites s’étendront au-delà de sa mémoire psychologique. Sa conscience sera parfaite, sans faille.

L’homme nouveau simplifiera sa conscience mentale à un tel point que toute forme de vérité lui paraîtra douteuse. Sa conscience supérieure l’invitera à toujours questionner cette forme pour le protéger contre l’englobement psychologique qu’elle crée chez l’homme assujetti à la croyance. Il deviendra très difficile à l’homme conscient de croire, car la vérité n’aura plus chez lui de base émotive.

 

Ayant accès à un palier supérieur d’information à cause de l’ouverture de plus en plus grande de son centre mental supérieur, il pourra facilement vérifier toutes formes de vérités et de mensonges auxquels il sera soumis au cours de son expérience. Sa sécurité intérieure sera totale et l’on ne pourra plus lui mentir. Libre du mensonge sous tous ses aspects, même les plus spirituels, il pourra enfin s’occuper de ce qu’il sait et de ce que d’autres tels que lui savent en raison de leur conscience libre et créative. Ainsi, l’homme nouveau en arrivera à ne vouloir communiquer créativement qu’avec les êtres qui auront, comme lui, le pouvoir de savoir objectivement. De ces communications réelles, les hommes de la nouvelle époque bénéficieront et grandiront en savoir vérifiable individuellement.

Autant la vérité fut l’envers du mensonge pendant l’involution, autant le réel surplombera cette dualité pendant l’évolution. La conscience nouvelle de l’homme ne traitera que d’une façon synthétique les différentes formes de connaissances. Ceci permettra à l’homme d’évoluer au-delà de l’impact que créera la valeur de la forme sur sa conscience psychologique. La vérité n’aura de valeur pour l’homme nouveau qu’en fonction de sa réduction à un élément de base fixé par sa conscience, et dont les autres aspects seront mis à part, attendant une confirmation fondée sur l’acquisition irrévocable d’un savoir certain. Il perdra le moins d’énergie mentale possible face à la vérité ou à sa recherche. Graduellement, il vivra au-delà de la vérité et, naturellement, au-delà de toute forme de mensonge nuisible à l’équilibre des forces d’une conscience sensible à la lumière de son esprit.

La pensée créative de l’homme nouveau aura remplacé la pensée subjective de l’involution. L’homme conscient de l’intelligence créative en lui, située au-delà de son intelligence personnelle et illusoire, réalisera que la différence fondamentale entre la vérité de l’involution et le réel de l’évolution ne peut être évaluée que par lui-même. Il comprendra que la déformation de la vérité vient du fait que l’homme inconscient, malgré son désir, est incapable de savoir par lui-même, et qu’il se soumet à des courants de pensées qui n’émanent pas de l’intelligence créative de la conscience humaine en fusion, mais de l’homme divisé dans sa conscience. Cette division entraîne son manque d’objectivité face au réel, et son besoin de se sécuriser dans une forme de pensée dont la qualité pour lui représente une vérité.

 

La vérité fut utilisée, au cours de l’involution, pour maintenir l’homme dans la soumission de son mental. Toutes les formes de domination possibles s’en servirent pour le lier à une quelconque mémoire subjective, miroir ultimement retardataire face à l’évolution de son intelligence. L’homme a toujours cru à une vérité et a manifesté le grand désir de la connaître et de la vivre. Pour lui, la vérité masquait son impuissance face à la solitude d’un savoir non fondé sur une conscience collective ; ceci colore la vérité pour le soutien de ses institutions séculaires ou spirituelles. Autant la vérité fut nécessaire à l’homme de l’involution, autant elle fut utilisée pour le maintenir inconsciemment dans le mensonge face à la plus grande nature du réel. Avec le temps, ce dernier démasquera la vérité pour la remplacer par une vision de la réalité à la mesure d’une psychologie et d’un mental supérieur, libres de la dualité du vrai et du faux.

Quelle que fut la vérité recherchée par l’homme involutif, elle a toujours été liée à des abus ; car, avec la progression de la conscience de la masse, l’homme s’est vu obligé de faire surgir de nouveaux concepts, afin de transgresser une ancienne vérité qui ne pouvait plus satisfaire sa conscience. L’homme ne put jamais se dompter de la recherche de la vérité, car cette recherche faisait partie de la définition psychologique de son moi face à une réalité qu’il essayait en vain de connaître. Ce n’est qu’à la fin du vingtième siècle que la recherche de la vérité commencera à diminuer chez certains êtres avancés en conscience, et que l’homme réalisera peu à peu que tout, à l’extérieur de la conscience lumière, sous une forme séculaire, spirituelle ou autre, est coloré. Mais cette science ne se fera pas à l’échelle du globe. Elle a pris forme quelque part dans le monde, à l’insu des grands mouvements, et elle demeurera nécessairement, pendant une certaine période, préparatoire et embryonnaire.

L’homme a toujours recherché la vérité, parce qu’il n’a jamais réalisé que cette quête fait partie de l’illusion de l’ego, et qu’elle converge vers la réalisation de son moi réel, par opposition à son moi conditionné collectivement.

 

L’homme nouveau ne cherchera plus la vérité, car il verra le mensonge sous toutes ses formes et sera aussi libre de la vérité qui le couvait. De cette nouvelle conscience surgira une nouvelle force dans le mental, distinguant l’homme ancien de l’homme nouveau. La différence sera évidente, et l’homme sera étonné de la nature de la nouvelle psychologie de l’être, à la fois à cause de son absence totale du besoin psychologique de rechercher la vérité, et de l’accès facile qu’elle permettra au savoir universel.

L’homme involutif a perdu sa liberté de savoir, en vendant son esprit aux dispensateurs de vérité. Au cours des siècles, il a perdu contact avec lui-même et, sans identité réelle, il est devenu esclave de la vérité. Rien n’est réel chez lui, ni son moi à la recherche de la vérité, ni son moi à la recherche de l’identité. Il a perdu conscience du réel, qu’il ne découvrira qu’au cours de la prochaine époque ; il fera face alors, seul, à la dépolarisation de son mental, ce qui lui ouvrira les portes d’un savoir universel.

La particularité de toute vérité est son manque d’universalité. À partir du moment où une vérité n’est pas universelle, c’est-à-dire fondée sur le savoir universel de la conscience humaine, elle cesse d’être réelle et, dans un même temps, risque d’être utilisée contre l’homme pour le bénéfice d’un pouvoir quelconque. Ceci contribua pendant l’involution au maintien du pouvoir spirituel et temporel sur l’homme. L’évolution de la conscience supramentale mettra fin à la recherche de la vérité ; l’homme conscient vivra d’un savoir capable de déchirer, par vibration, les voiles de la vérité. De sa fusion avec le double, il s’élèvera au-delà de la recherche de la vérité, et prendra conscience intégrale.

La recherche de la vérité fait de l’homme un être divisé contre lui-même et les siens, car la vérité ne peut être commune à tous les hommes, chacune étant issue d’une configuration psychohistorique particulière aux nécessités évolutives des races des nations. Ce plan cosmique et voilé de l’expérience de la conscience planétaire couve l’avènement, à long terme, d’une conscience universelle sur le globe. Cette conscience sera fondée non pas sur la recherche de la vérité, mais sur la capacité de l’être conscient d’en transcender le besoin psychologique, à partir du moment où il aura compris qu’elle fait partie de la conspiration astrale contre lui et l’humanité en général.

 

L’homme a recherché la vérité pour se définir égoïquement. Son ignorance et son inhabilité à savoir conditionnèrent cette recherche. Lorsqu’il découvrira que le savoir est universel, et que tous les hommes y ont accès à partir du moment où ils sont libres du conditionnement imposé par les myriades de vérités spéculées au cours de l’involution, il sera libre et capable d’accéder au réel. La vérité n’aura pas pour lui la valeur psychologique qu’elle eut par le passé. Elle ne représentera plus qu’un miroir illusoire de lui-même, face à la réalité qui transcende le besoin psychologique d’une race en évolution. Le pouvoir a toujours utilisé la vérité pour ses propres besoins et l’homme en a payé le prix. Au nom de la vérité, des hommes marchèrent vers la mort, sombrèrent dans la folie, glorifièrent la guerre et ses horreurs.

L’homme nouveau découvrira que la cessation de la recherche de la vérité est le début de la paix de l’esprit, car toute vérité est polarisée ; elle ne peut jamais être absolue puisque l’absolu se situe au-delà de cette polarité. C’est seulement en l’absence de toute polarité face à la vérité qu’il connaîtra l’absolu, à travers son lien avec le double universel, ce dernier évoluant au-delà de la vérité, et faisant partie de la réalité d’où est issu le savoir. Tout savoir est au-delà de la vérité, car il ne vient pas de l’homme mais de sa fusion avec le double, relation non conditionnée par l’émotivité humaine. Puisque le double est la dimension universelle de l’homme, ce dernier sera libre du besoin de la polarité de la vérité pour savoir, car sa science lui sera dictée directement à partir des plans d’une conscience non colorée par les lois de l’expérience planétaire. La supraconscience de l’homme nouveau fera jaillir en lui le savoir pour la poursuite de son évolution, et fera descendre, sur le plan matériel, une plus haute vibration dans le mental.

L’homme nouveau ne sera plus divisé dans sa conscience à cause de la vérité. Sa conscience universelle sera libre du besoin égoïque de se conformer ou de voir à ce que les autres se conforment. À partir de cette nouvelle vision de la vie individualisée, l’harmonie et l’intelligence humaniseront les relations entre les hommes, et ceci s’étendra à la surface de la terre.

 

L’homme qui ne peut savoir par lui-même n’a aucune universalité de conscience. Il est prisonnier d’une vérité quelconque, émanant de la conscience collective. Il ne possède aucune individualité dans le sens universel du terme, et se doit de continuer à évoluer pour en arriver, au cours de cette vie ou dans une autre, à la confrontation entre la vérité et le réel.

Savoir fait partie de la liaison créative entre le double et l’homme. La vérité fait partie de l’assujettissement de l’homme à une forme de pensée collective.

L’universalité de la science est fondée sur le fait que ses observations relèvent d’une objectivité rigoureuse et non de la vérité. En science, il est dit que tel principe relève de l’observation de tel fait ; il est dit alors que la science est réelle dans son observation, et non qu’elle possède la vérité. Il en sera de même au cours de la prochaine époque face aux valeurs intérieures et occultes de la vie. Le besoin égoïque de posséder la vérité est une faille intérieure de l’homme. À partir de cette faille s’est institué contre l’homme l’empire du mensonge ou de la vérité colorée, origine de son ignorance depuis des millénaires. Dans le domaine de la science intelligente et utile, l’homme s’est libéré du besoin de la vérité pour épouser le fait objectivé par l’observation. Demain, il connaîtra la même objectivité face à l’invisible, supporté par son observation mentale supérieure. La vérité ne fera plus partie de la recherche humaine, et l’humanité entrera dans l’investigation rigoureuse et universelle de la vie.

À partir de cette nouvelle étape de l’évolution, les religions disparaîtront de la surface de la terre, et les idéologies n’auront plus de place, ni dans le temporel, ni dans le spirituel de la vie de l’homme, car l’universalité de sa conscience se suffira à elle-même, et l’être conscientisé aura finalement pris possession de sa conscience. Tant que l’homme recherche la vérité, il ne pourra atteindre sa pleine maturité sur le plan mental supérieur. Autant cette recherche fut à la base de l’involution et de ses systèmes de désinformation, autant l’évolution sera libre de cette expérience, car l’homme vivra en fonction d’une créativité mentale issue de sa lumière. Ceci marquera la fin des conflits psychologiques chez l’homme nouveau, et le début d’une nouvelle conscience supramentale.

 

Toute recherche intérieure signifie un état quelconque d’ignorance a priori. Toute capacité de vivre au-delà de cette recherche implique un lien universel entre l’homme et les plans supérieurs de la conscience évoluée. La vérité est à la conscience collective ce que le réel est à sa conscience parfaitement individualisée.

Au cours de l’évolution, l’homme découvrira le lourd fardeau que crée la possession d’une vérité sur sa conscience, car il doit la défendre, et cette défense épuise son énergie créative. Celle-ci devrait être utilisée pour déchirer les voiles de la vérité, qui étouffent sa conscience et la rendent prisonnière des mystères. L’homme involutif est trop affaibli dans sa conscience pour s’aventurer seul dans le savoir ; il ne vit pas suffisamment la fusion de sa conscience avec son double. Il s’appuie sur la vérité d’une conscience collective pour se donner une sécurité psychologique suffisante. Tant qu’il cherchera la vérité, il ne pourra être libre, car on ne peut être libre à travers les hommes. On ne peut être libre qu’à travers soi-même.

L’homme nouveau sera réel et sa réalité éliminera chez lui le besoin de s’allier à une vérité quelconque. Cette transmutation de la conscience humaine naîtra d’une grande force intérieure, car la vérité a toujours été pour l’homme involutif un support moral et une arme contre toute forme d’opposition à son sentiment du vrai. La réalité de la conscience supramentale se suffira à elle-même, car elle ne dépendra que de la relation entre l’homme matériel et l’être cosmique en lui. L’évolution mettra à jour une nouvelle dimension psychologique du moi et témoignera de l’existence dans l’homme de forces dont l’intelligence dépend du niveau évolutif de l’être lui-même. Plus grande sera leur évolution, plus les hommes de l’avenir marqueront l’évolution de la terre par leur intelligence créative ; cette intelligence ne dépendra plus de la relation entre l’intellect et la mémoire, mais de la conscience universelle humaine et des forces de la lumière. Ces hommes seront remarquables tant par leur intelligence que par l’équilibre et l’harmonie de leur personne. La personnalité aura fait place à la personne réelle et inaltérable.

 

Le problème majeur de la recherche de la vérité se situe sur le plan de la preuve intérieure dont tout homme inconscient et sans intelligence créative a besoin pour se sentir sécurisé dans l’intention mentale de ce qu’il recherche. Voilà une condition pénible à supporter pour l’être, car derrière sa vérité il doit toujours vivre le doute. La supraconscience future sera libre du doute, car l’ego, le moi, ne cherchera plus à vivre en fonction de la vérité mais plutôt en fonction du savoir non réfléchi, non intellectualisé et libre de l’émotivité subjective caractéristique de l’involution. L’homme inconscient doit toujours supporté l’émotion de sa vérité, car c’est l’émotivité qui lui donne la puissance. L’homme nouveau, par contre, aura dépassé le niveau psychologique de la vérité pour ne vivre que du niveau mental supérieur du savoir universel, où l’émotivité n’entre pas en jeu pour donner à l’être quelque support que ce soit face au réel. Le réel est une vie en soi ; il est autonome et sans besoin de support émotif.

L’évolution dictera à la conscience humaine une voie de vie et d’intelligence ne pouvant être partagée collectivement, car toute collectivité dans l’intelligence engage le doute sur le plan personnel, lorsque l’homme doit faire face à sa propre réalité. La conscience individualisée ne peut s’allier à la conscience de la collectivité, car cette dernière fait partie de l’expérience de l’humanité au sens large, alors que la conscience individualisée ne connaît plus l’expérience dans le sens planétaire et karmique de l’involution. À partir du moment, au cours de l’évolution, où l’homme nouveau aura intégré l’énergie de l’intelligence et de la volonté créative, il connaîtra l’amour, dans le sens universel du terme, amour libre de la partie inférieure de son mental, et la trinité de la conscience sera réalisée. L’homme nouveau aura désormais accès aux clefs de la vie enfouies dans sa conscience universelle. L’être conscient ne connaîtra plus de spiritualité fantomatique ou mystique, car son intelligence créative sera la source de sa conscience, lui permettant ainsi de relever le défi incessant de la lutte entre la vérité et le savoir universel. L’involution fut nécessaire au développement de l’homme, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la maturité mentale supérieure, et ait accès à son propre pouvoir. Ceci marquera la fin de la domination de l’astral sur l’homme, et des conflits entre les hommes de la nouvelle vague de vie.

 

Pendant l’involution, la vérité fut utilisée par les forces astrales pour polluer l’esprit humain et le maintenir dans l’esclavage. Sans volonté créative, l’homme n’eut pas accès à l’intelligence créative, et l’amour réel fut impossible, cet amour annoncé par un des plus grands êtres connus de l’histoire : le Nazaréen. Ce n’est qu’au cours de l’évolution que l’homme comprendra parfaitement ce principe universel de vie, à partir du moment où il aura été libéré du besoin psychologique de posséder la vérité. Le réel surplombe tout, car il est né de tout, alors que la vérité englobe tous les hommes puisqu’elle est toujours à la mesure de ce qu’ils ont besoin d’entendre selon leur culture, leur race, leur civilisation. L’homme nouveau participera à tout ceci, mais il en sera libre, ce ne sont que les lois du corps qui feront de lui un être appartenant a telle ou telle nation ou race, alors que les lois de l’esprit le libéreront de tout ce qui n’est pas issu de sa réalité universelle et indivisible.