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La fin du cycle mettra un terme à la perpétuation des forces. Le pouvoir de celles-ci s’est tellement élevé au-dessus du bien-être des masses que la valeur fondamentale de la civilisation est devenue une valeur marchande qui se traite d’après le pouvoir dont dispose ces forces pour le maintien de leur contrôle, selon le degré d’évolution de leurs sphères respectives. Même si les gouvernements sont élus pour gouverner, les forces inconscientes et puissantes qui se répercutent sur l’organisation et l’ordre des nations sont devenues, avec le développement de leur pouvoir marginal et hermétique, des instruments didactiques à l’intention des dirigeants. Ces derniers ne sont plus capables de diriger les nations selon les principes qui servent l’intérêt réel des peuples.

À cause de cette situation qui prévaut dans le monde, l’humanité sera soumise à des expériences pénétrantes, qui résulteront de la tension créée par ces forces parasociales, dont l’emprise sur l’involution peut être associée à une forme d’hermétisme nuisible. À partir du moment où les gouvernements sentiront le pouvoir de diriger leur glisser entre les doigts, la tension mondiale s’élèvera à des niveaux jamais connus jusqu’ici, et de nouvelles forces entreront en jeu pour stabiliser la conscience des nations meurtries par les forces involutives d’une civilisation qui a atteint la limite de sa crédibilité.

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La perturbation des consciences nationales aiguisera le sens de la solidarité des hommes, depuis toujours menacée par les divisions sectaires et idéologiques. L’humanité à grand besoin de solidarité et d’harmonie pour élever sa conscience au cours des générations prochaines. Elle a besoin d’être sécurisée à l’échelle mondiale contre une plus grande menace psychologique, qu’elle connaîtra lorsque la terre sera mise en quarantaine par les forces d’un ordre nouveau venu de l’espace. Tant que les peuples n’auront pas vécu cette grande perturbation, qui secouera la conscience et inquiètera ceux qui gouvernent, la terre n’aura pas connu son initiation planétaire et l’ordre nouveau ne pourra être établi. L’humanité vivra une initiation qui transformera sa conscience et changera à tout jamais sa vision de la vie planétaire. Autant l’homme aura cru en ses institutions et à leur permanence, autant le vingt et unième siècle sera pour lui une révélation associée à la grandiose transfiguration de sa planète. La terre n’est pas un monde fermé sur lui-même ; elle représente un globe expérimental doté d’une conscience en évolution d’intelligence. Celle-ci sera élevée au-delà de l’imaginaire, lorsque sa planète sera en contact avec les civilisations cosmiques qui lui ont donné naissance.

La prochaine époque ne sera pas connue simplement des hommes, mais aussi d’autres êtres venant vers la terre pour les arracher aux forces de l’involution qui les ont conditionnés et rendus ignorants de la réalité scientifique et universelle du cosmos. L’humanité vivra alors la plus grande des terreurs, tout en entrant dans le plus grand tournant de son histoire ; la porte du passé se fermera et une autre s’ouvrira sur un avenir que seuls les initiés de ce monde peuvent aujourd’hui reconnaître, par le biais du lien universel.

La conscience de l’homme moderne sera soustraite de l’appui illusoire des démagogues, qui se réfléchissent dans leurs propres illusions pour semer dans le monde de la guerre et de l’attrition. L’évolution de la future terre ne sera plus entre les mains d’hommes démunis de conscience intelligente, car le rapprochement entre la terre et d’autres civilisations élèvera la conscience de l’humanité et mettra un terme à la division. La perturbation internationale est inévitable, puisque la terre doit être démunie avant que l’homme ne puisse bénéficier de sa relation avec des intelligences qui l’ont surveillé depuis toujours dans son évolution régressive.

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Une des grandes failles de la civilisation moderne tient au fait que la science matérielle n’ose officiellement s’aventurer dans les domaines occultes de la vie et de certains phénomènes qui y sont rattachés, de peur de perdre l’objectivité si nécessaire à sa crédibilité. C’est dans la formation et le développement de l’esprit de l’homme que se trouvent les clés d’évolution, et non simplement dans la rigueur scientifique nécessaire à l’évaluation de la matière. Sans ce développement de l’esprit, la civilisation sera forcée de connaître un déraillement final ; celui-ci mettra fin à sa forme actuelle et donnera naissance à une autre, où un plus grand respect de l’esprit s’installera, qui permettra à l’homme de reconnaître qu’au- dessus de la matière règne l’esprit ; l’intelligence universelle des espace-temps parallèles.

La perturbation de la conscience des nations fera partie du mouvement de l’esprit sur terre et de son besoin de se manifester, afin que la science et l’esprit s’unifient dans une harmonie totale. Tant que ceci ne sera pas établi, les hommes seront forcés de développer la maturité nécessaire pour ne pas jouer les dieux sans intelligence créative. La fin du cycle verra se produire une inévitable confrontation entre l’homme et sa science, rigoureuse mais sans esprit. Le prix à payer sera élevé, car les hommes ne peuvent pas échapper aux lois de l’intelligence en évolution.

Ceux qui ont étudié sérieusement les grandes prophéties des siècles savent que des êtres ont vu, par le passé, ce que l’homme moderne subit et subira. Cette simple observation, sans rigueur scientifique mais pleine d’esprit, suffirait à faire réfléchir tout homme qui ne craindrait pas de regarder la vie en face, à commencer par sa propre vie. Les siècles à venir seront beaucoup plus clairvoyants que les siècles passés. Les hommes nouveaux bénéficieront d’une voyance extraordinaire, car leur esprit aura été élevé en vibration, donc en puissance de pénétration et de compréhension.

Chez l’homme moderne, le manque d’esprit ou de lumière est tellement avancé que seul un choc mondial pourra récupérer une partie de l’humanité pour que la totalité ne s’éteigne pas dans un chaos sans précédent.

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L’humanité est à l’âge du feu, et le feu ne peut être que maudit lorsque son usage ne convient plus aux lois de l’intelligence libre et créative. Si la terre doit renier son passé, elle le fera à cause de son agressivité à l’égard de tout ce qui est noble et grand. Que les puissants de la terre travaillent à enrayer ce qui retarde et étouffe l’homme! Dans le cas contraire, ils seront forcés de subir la dégradation de leur pouvoir aux mains des hommes qui n’auront pas encore compris que l’individualisation intégrale est, sans conteste, la plus grande marque d’évolution de tout être au sein des sociétés évoluées. Ils feront face à une perturbation créée par des hommes qui honoreront les idéologies temporelles ou spirituelles, à orientation collective.

Les lois de la science et celles de l’esprit sont différentes, et les deux doivent se fondre pour que l’homme survive, sinon, ce sera la mort pour un grand nombre d’êtres humains. Ceci est réel et incontestable, et ceci fut écrit. Il est probable que les hommes mourront en grand nombre, car l’humanité doit apprendre par expérience, puisque l’être est trop démuni d’esprit pour évoluer sans souffrances.

L’évolution invitera l’homme nouveau à distinguer clairement entre les lois des hommes et les lois de l’esprit dans l’homme. Cette époque sera grande, car l’être nouveau aura vu de ses yeux que la vie présente, sur terre, tient seulement par l’intensité de la lutte menée contre l’esprit chez l’homme sans esprit, soutenu inconsciemment par des forces obscures dont il ne connaît pas encore la nature. Les nations payeront cher le prix de leur commerce mal intentionné, maintenu pour des raisons maladives de profits qui enveniment l’économie mondiale et facilitent la pratique de la guerre par des êtres irréels et totalement idéologisés.

La fin du cycle est dans l’ombre de notre propre temps ; elle est si près que déjà certains évènements en témoignent. Mais l’homme, dans son inconscience, ne peut le réaliser encore, car il n’a pas succombé encore aux forces psychiques négatives de sa civilisation. Il croit toujours pouvoir contrôler l’histoire, même si le passé lui a démontré qu’il n’en est pas ainsi. L’humanité doit transformer sa nature guerrière avant que l’homme ne puisse bénéficier de l’avenir. Elle devra probablement goûter encore une fois du fruit amer de sa folie.

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La perturbation de la civilisation n’en est qu’à ses débuts. Malgré la rhétorique ou la démagogie, les hommes verront venir vers eux le nuage sombre de leur impuissance face aux forces psychiques de l’humanité ; celles-ci s’abattront sur lui avec une violence telle que l’homme croira que sa fin est proche, alors que cette violence signifiera plutôt un renouveau dont le secret est jalousement gardé dans les sphères, pour que l’homme puisse défaillir devant l’échec de sa civilisation surglorifiée par une technologie sans intelligence créative.

La prochaine époque démontrera que des forces, d’origine cosmique en définitive, sont à la source de la sauvegarde de l’humanité contre elle-même, et que ces forces n’ont rien à voir avec un dieu traditionnel à l’échelle de la conscience primitive de l’homme involutif. La terre doit connaître l’adversité avant la joie, parce qu’elle doit payer le prix de la liberté; liberté réelle, et non celle des idéologies spirituelles. À travers sa perturbation, l’humanité découvrira un lien inévitable, qu’elle a toujours rejeté, avec des peuples et des forces venant d’ailleurs. Elle verra que la souffrance de dernière heure était nécessaire pour que change son attitude face à la réalité politique et cosmique des sphères ; sans ces souffrances, elle n’aurait d’ailleurs pas été suffisamment à l’écoute des événements pour en réaliser la dimension universelle. Le temps vient où l’homme reconnaîtra que la terre n’est pas une planète habitée et solitaire dans l’éther infini, mais que d’autres peuples existent et évoluent, selon des lois que l’homme lui- même reconnaîtra s’il veut continuer à partager sa vie avec celle de l’univers.

La perturbation des nations aidera à reconnaître le besoin de vivre sur une autre longueur d’onde. Elles seront forcées de comprendre que la vie a d’autres dimensions que celles que l’esprit humain, dans l’ignorance séculaire et involutive, entretient malgré lui. Le cosmos est vaste, et l’homme le découvrira au cours de la prochaine époque.

Les nations de la terre ont terminé ou termineront sous peu un des grands cycles de vie sur cette planète ; elles seront touchées par un autre mode de vie mentale créé par le contact entre l’homme et des forces jusqu’ici non reconnues officiellement. Cette nouvelle dimension de la vie planétaire assurera la survie de l’humanité et permettra que les hommes voient plus loin que leurs simples buts égoïstes et nationalistes.

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La terre sera mobilisée par la nouvelle expérience, et l’humanité en sera pour toujours transformée. Mais cette période doit être précédée de la grande crise, car ce n’est que dans la grande crise que l’homme change de cap et apprend malgré lui à reconnaître d’autres aspects de la vie, qu’il se refusait au début à considérer à cause de la mécanicité de son mental et de la puissance de ses émotions primitives et animalisées.

Les nations sont des entités collectives d’âmes en évolution de conscience. Elles sont régies par les lois planétaires équivalentes aux lois planétaires dirigeant l’âme individuelle, sauf que ces lois opèrent sur une longueur de temps beaucoup plus vaste ; ainsi un nombre grandissant d’âmes peuvent jouir, au sein de la conscience collective des nations, des conditions nécessaires à leur évolution individuelle. Les nations actuelles s’éloignent trop des besoins évolutifs de l’âme individuelle. Lorsque ceci ce produit, à cause des forces politiques et économiques puissantes des centres du pouvoir, la nation doit subir un revirement de conscience pour qu’un équilibre nouveau et plus consistant avec la réalité individuelle s’établisse. Voilà pourquoi les nations, au cours des prochaines générations, connaîtront de grandes perturbations alors que les forces psychiques individuelles se confronteront aux forces mécaniques de la civilisation. Même si les peuples doivent être guidés dans leur évolution à partir de la tête, cette dernière ne peut trop s’éloigner en esprit de l’esprit du peuple, car les forces en gestion dans la conscience des individus fermenteront jusqu’à ce que le peuple et la nation soient unifiés. Lorsqu’un peuple n’est plus la nation à laquelle il appartient psychiquement, cette dernière doit se transformer.

L’évolution future des nations mondiales déterminera le régime psychopolitique sous lequel les peuples du vingt et unième siècle voudront vivre. Tant que les peuples et les nations n’auront pas reconnu une forme commune de bien, les individus, entités psychiques de ces nations, travailleront consciemment ou inconsciemment à l’élimination de l’opposition des grandes lignes de force qui les divisent en esprit. Les peuples ont une destinée alors que les nations ne représentent que le contour historique d’une vitalité qui prend naissance dans la conscience collective des individus réunis sous un même toit. Mais le toit de la nation doit faciliter le passage de la lumière, sinon celle-ci est vouée à l’échec.

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Les grands mouvements sociaux ne sont pas prévisibles. Ils naissent de l’éveil de la conscience individuelle. Les gouvernements sont impuissants à renverser ces forces nouvelles, car cette dynamique provient de l’individualité dans le peuple. Il ne faut pas confondre la nation avec le peuple. Les deux représentent des aspects différents d’une même réalité : la nation résulte de l’histoire des compressions individuelles, et le peuple est la société qui s’identifie au pouls global des consciences individuelles. C’est ce pouls, en fin de compte, qui met fin à un régime et qui en installe un autre, malgré les forces nationales qui ont la prétention de faire de la vie politique une sphère en elle-même. Les peuples prennent beaucoup de temps à s’exprimer, car ils n’ont pas l’accès direct à la volonté politique ; mais ils ont à long terme le pouvoir de s’imposer à l’incompétence politique, dans la mesure où ils peuvent faire éclater les anciennes formes ayant déjà servi à leur évolution pour en faire naître des nouvelles qui les protégeront contre l’affabulation idéologique des meneurs d’hommes. Les hommes se laissent mener tant et aussi longtemps qu’ils n’ont pas pris conscience de leur impuissance. Au moment opportun, une force en eux fermente et devient à long terme celle qui transmute la conscience nationale. Le pouvoir n’appartient pas aux hommes politiques. Ceux-ci ne font qu’utiliser ce que le peuple leur a cédé historiquement. Mais l’histoire n’est pas une sauvegarde contre l’avenir. Les nations comprendront que de nouvelles forces entrent dans l’arène de la vie des peuples à partir du moment où grandit l’intelligence et s’affirme la présence des individus qui la manifestent.

Au cours des prochaines générations, les peuples deviendront de plus en plus présents dans l’actualisation de leur destinée, et les idéologies perdront leur pouvoir de nationalisation. Ceci créera des nations plus affaiblies mais des peuples plus puissants, et la balance du pouvoir passera du côté des peuples. Nous assisterons à des formes de contestations soutenues par la presse, qui deviendra l’avocat des peuples contre les tribuns nationaux.

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La puissance des presses écrites et électroniques installera dans le monde entier , comme il se fait de plus en plus dans les pays de l’ouest où règne un plus grand respect des droits individuels, des batteries d’idées collectives qui feront reconnaître aux nations et à leurs tribuns que la destinée des peuples est essentiellement liée à l’avenir des individus qui la composent.

Les temps nouveaux sortiront des décombres étapistes et idéologiques des nations et feront front commun avec les hommes de toutes les races. L’esprit humain s’universalisera à un tel point qu’il deviendra de plus en plus difficile de reconnaître une différence entre les peuples et les nations. Les chartes et les constitutions se ressembleront de plus en plus ; leur violation sera mise en vitrine par des peuples éloignés, même éloignés de ceux qui en souffriront l’affront. La solidarité des peuples sera grande et l’équilibre des nations se fortifiera jusqu’à ce que les peuples et les nations s’unifient partout dans le monde. Au cours de l’involution, les nations ont présidé à la lecture des événements planétaires du globe. Au cours de l’évolution les peuples participeront à la lecture de la conscience des nations pour en vérifier la teneur et s’assurer que l’idéologie nationale ne prime pas sur la conscience des peuples. Nous verrons naître dans le monde une nouvelle politique, dont les formes représenteront de plus en plus le côté individuel de la conscience sociale. Les hommes politiques perdront de leur gravité et laisseront transparaître une plus grande sagesse dans les affaires nationales. Un souffle nouveau équilibrera les territoires et les hommes deviendront de plus en plus unifiés, car les divisions entre les nations auront été neutralisées. Le commerce deviendra de plus en plus naturel et les politiques universelles.

Les prochaines générations verront de grands changements dans la vie des peuples et l’exercice des nations. Là où une grande toile les divisait auparavant, un pont de plus en plus concret se formera pour faciliter l’expérience individuelle et la rendre de moins en moins pénible face à l’esprit politique inerte, que les nations ont toujours manifesté par l’absence de volonté politique qui caractérisait leur propre exercice. La politique s’épurera et les peuples grandiront en conscience. Les individus auront progressivement plus de place dans la gestion publique des idées, car celles-ci répondront avec une meilleure précision aux besoins des peuples.

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Les idéologies cesseront d’écraser la volonté individuelle des êtres composant la grande conscience sociale. Les nations lutteront farouchement pour le maintien de leurs valeurs historiques. Cette illusion sera fracassée par la grande souffrance des peuples et des individus, ces âmes en évolution de conscience sur une planète en voie d’épuration.

Les nations pauvres seront relevées du lourd fardeau de leurs dettes nationales, car une décision forcée par les événements entraînera la déstabilisation des nations industrialisées. La dette des nations pauvres sera limitée au paiement sans intérêt. Cet arrêt final à l’égorgement des nations pauvres permettra un ajustement des économies du tiers-monde, et les nations riches créeront de nouveaux marchés fondés sur une volonté politico-économique plus créative, qui visera à raffermir leurs liens avec les nations pauvres. Le pouvoir financier des nations industrialisées correspondra de plus en plus à une réalité répartie sur la terre entière au lieu d’une réalité fondée sur l’écartèlement économique. La conscience politique des nations sous-développées s’enlignera sur la conscience des besoins véritables des peuples, contrairement à leur tendance actuelle à former des bastions de liens économiques, dont le principe des vases communicants sert à maintenir le pouvoir de la nation au lieu de donner au peuple la puissance qui lui revient selon les lois de l’évolution créative.

Les années à venir contraindront la conscience des nations et l’esprit des tribuns, car la volonté des peuples et la politisation de l’homme deviendront de plus en plus difficiles. Le grand siècle verra naître l’âge de l’individualité par une plus grande lumière de l’esprit manifesté. Des événements d’ordre inconnu frapperont à la porte du monde, faisant vibrer la conscience des peuples et l’esprit des nations. Ils forgeront une nouvelle vision de l’évolution de la terre, de ses territoires constitués en nations et de ses peuples, l’unique richesse de la vie consciente en évolution systémique. Les nations seront alors perturbées, car les forces nouvelles engendrées par des mouvements cosmiques de la vie feront ressortir de la conscience des nations le besoin inévitable de ne pas grandir au détriment des peuples. Une nouvelle force envahira les parlements, où les tribuns traitent de la vie des peuples comme si ces derniers étaient là pour leur permettre de se manifester.

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Le vingt et unième siècle verra naître dans le monde d’étranges manifestations de la conscience humaine. Les nations en seront émerveillées et les peuples bénéficiaires. Ces événements nouveaux feront scintiller dans la vie de l’homme le rayon d’un espoir nouveau, dont il ne comprendra pas les dimensions mais qui lui servira de guide pour l’avenir de sa race. Ces événements glorifieront l’homme tout en signalant aux forces de l’involution que des grandes luttes pour le pouvoir de la lumière sur le globe sont en gestation. Les hommes politiques auront alors conscience que les peuples sont plus importants que les nations, et que ces dernières doivent céder leur place, dans la chaîne des événements futurs, à la volonté de ceux qui en constituent l’âme, sinon l’esprit. La perturbation des nations sera étroitement reliée à l’incompétence de la volonté politique, car celle-ci est assujettie à la déformation des objectifs réels destinés à l’assainissement de la vie populaire, à travers les différentes strates de l’évolution économique, politique et spirituelle. La politique de l’économie fut plus importante que l’économie de la politique, et la politique religieuse plus pressante que l’éveil de la conscience intelligente. Cette intransigeance force les nations à édifier au nom du pouvoir une effigie essentiellement anti-homme et anti-vie. L’évolution des événements accélérera le développement d’une conscience qui homogénéisera les rapports entre les peuples et les nations, entre l’âme individuelle soutenue par le sang de la race et l’esprit de la forme civilisée, dont se servent les nations pour greffer à l’histoire ancienne et présente une valeur irréelle de son devenir. L’histoire a toujours servi de toile de fond au tableau de l’involution. Cette condition sera renversée lorsque les peuples auront pris la place qui leur revient de droit dans l’évolution de la vie sociale.

Les peuples les plus défavorisés seront les premiers à revendiquer leur droit de peuple, alors que les peuples industrialisés continueront à se cacher derrière le visage de la nation, afin de se protéger contre la vision du mal dont ils souffrent dans l’arène mondiale de la politique sans volonté créative. Pour que la politique et la volonté créative se joignent, il faut absolument que les tribuns s’occupent sans relâche de leur peuple et cesse de jouer le jeu des nations ; celui-ci fait partie de l’histoire alors que les peuples font partie du présent de la vie de la société.

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L’évolution de la conscience humaine créera de nouveaux courants de pensées, qui allégeront la vie des peuples et enligneront les nations selon un mode de progression politique, économique et spirituel qui refermera les blessures de l’humanité et permettra à l’homme de prendre contact avec une vie plus grande que celle qu’il a connu au cours de l’involution. L’évolution future de la terre s’accélérera à cause des contacts entre le temps de la terre et d’autre temps qui ne font pas aujourd’hui partie de la conscience de l’humanité. Les nations seront grandement bouleversées avant que ces temps nouveaux se manifestent, car les lois de la vie universelle ne peuvent s’appliquer sur un globe en évolution que lorsque ce dernier a complété son cycle de développement ; il devra également avoir reconnu, à travers les événements qui ont marqué la finalité de son cycle, l’élément nouveau du cycle prochain, qui aura altéré sa conscience jusque dans ses racines. Il n’y a pas de différence entre le rêve que connaît l’homme personnellement dans la vie individuelle et celui que connaît la civilisation sur une base collective. Autant l’individu vit un rêve, autant la civilisation aussi connaît le rêve, sauf que le rêve de l’homme est unique à lui-même alors que le rêve de la civilisation se manifeste à travers la conscience qu’elle a de la réalité. La perturbation des nations équivaudra à un cauchemar que l’humanité vivra à l’échelle mondiale. Lorsqu’elle sera sortie du cauchemar, l’humanité verra l’homme basculer dans un autre temps, d’où il provient originalement, mais aussi d’où il avait basculé dans l’inconscience de la matière. Dans le temps nouveau, il se libérera de l’inconscience de la matière pour retourner à l’esprit dans sa forme atomisée, vers des univers parallèles appartenant à sa réalité cosmique et intégrale.

La perturbation des nations se situera dans un temps où l’homme sentira que des événements majeurs et non contrôlables déchireront leur force. Ces événements prendront une grande ampleur à travers les médias d’information. Leur amplitude créera dans la conscience des masses un esprit de fin des temps, alors qu’il ne représentera qu’un nouvel avenir pour l’homme. Les masses sont lentes à comprendre la dimension réelle des événements et, dans le cas d’événements majeurs hors du contrôle des gouvernements, elles seront obligées de réaliser qu’un temps nouveau est arrivé.

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L’homme moderne est rendu à un niveau d’évolution technique dépassant sa capacité mentale de l’intégrer. Une trop grande avalanche de forces, d’influences et de courants agressent son esprit. Il ne pourra indéfiniment supporter le lourd fardeau psychique et psychologique que lui impose de jour en jour et d’heure en heure sa civilisation mécanisée à l’extrême. L’homme est un être d’esprit et, dans la mesure où il sent l’esprit disparaître de la civilisation pour être remplacée par la mécanisation de l’information au profit du pouvoir, il devient de plus en plus insécurisé par l’insignifiance de sa vie. Le pourcentage d’homme vivant de leur esprit et de leur créativité est trop réduit pour que l’humanité en général puisse supporter indéfiniment le mouvement que crée l’intelligence inconsciente de l’homme moderne. Celui-ci engendre une véritable nausée d’activités dans un monde qui s’oppose à la réalité sereine que recherche l’esprit humain empoisonné par des impressions nées de sa lutte pour la survie.

La civilisation sera perturbée dans ses fondations à une profondeur dépassant son imagination, car l’homme ne sait pas reconnaître ce qui sous-tend sa réalité. Il ne fait qu’étudier de façon mécanique les événements, sans pouvoir relever le défi réel qu’ils lui créent. Il traite les événements de la terre comme s’ils faisaient partie d’un scénario à la mesure de son intelligence, alors qu’ils mènent graduellement l’humanité vers un cul-de-sac dont elle ne peut reconnaître les signes avant-coureurs. La civilisation ne peut être dissociée de la conscience de ses membres ; si les hommes individuellement sont inconscients, la civilisation doit l’être aussi. À partir de ce principe, seule une poignée d’hommes sur le globe sera en mesure d’évaluer avec intelligence ce qui se passera au-delà des voiles de la réalité planétaire. Ils auront déjà compris qu’un temps nouveau se fixe dans la conscience terrestre et qu’ils ne font plus partie de l’ère moderne. En servant de pont entre le passé et l’avenir, ils permettront que l’humanité continue son évolution sur une base nouvelle, dont les données ne feront plus partie de la façon de penser et de vivre actuelle.

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La vie de l’homme dépasse les conditions purement matérielles de sa conscience subjective ; elle se fondra avec d’autres niveaux de conscience lorsque la vie présente aura atteint la finalité cyclique de son rôle historico-cosmique. L’homme n’est pas sur terre pour simplement vivre et mourir, mais pour passer à un autre stade d’évolution, où la mort n’existe plus. Les forces qui établiront cette condition nouvelle de l’évolution seront d’une puissance tellement grande que l’humanité actuelle et ses nations en seront totalement renversées. Les forces psychiques de l’homme sont plus grandes que toutes les forces mécaniques des nations réunies. Il est superflu d’évaluer le pouvoir de la conscience humaine libérée de son corps matériel et de ses sens, lorsque les conditions pour une telle manifestation de la conscience sont enfin parvenues à s’établir sur un globe en évolution de conscience et de science.

Les prochaines générations connaîtront le miracle de la science un peu comme l’homme d’aujourd’hui a découvert le miracle de la construction mécanique et électrique lors de l’avènement de la science moderne. Les nations de la terre ne pourront se dissocier des forces psychiques de l’homme lorsque ce dernier se fondra avec des plans de vie inconnus des masses d’aujourd’hui. La vie des peuples a profondément été altérée depuis l’avènement de la technologie. Elle le sera encore plus lorsqu’elle fera face à l’exercice des forces psychiques qui émanent des mondes parallèles. Ceux-ci font partie de la réalité physique de la terre sur un autre plan, et ils se matérialiseront sur le globe lorsque l’homme lui-même aura pris conscience de sa destinée.